Souvenirs d’Italie de 2025, chez les parents de Sandra.
Le soleil de fin de journée inonde la terrasse d’un rouge orangé intense. L’instant est propice à la rêverie. Je remarque une petite statue de grenouille en plâtre. J’organise rapidement une composition avec les différents éléments. Je dessine la scène au crayon de papier dans un carnet de croquis puis referme le carnet, je n’y toucherai plus pendant un ou deux mois.
Aujourd’hui, j’ajoute des détails comme les motifs sur la théière. Les arabesques font lien avec mes autres travaux récents (Le Vase Monolithe) . Elles apportent un rythme, un point de concentration visuel comme une lettrine en début de paragraphe.
Et même si « ajouter », en général, alourdit et risque de gâcher la composition, je suis content de voir que le tableau prend un style plus personnel. Je m’éloigne du réalisme pour un style expressif, simple et généreux.
Et c’est justement là l’effet recherché, comment raconter un souvenir à l’aide d’images, comment créer une atmosphère qui se rapproche de ce que j’ai vécu ?
Une réponse possible : traduire les sensations avec les couleurs et les formes par le contraste.
Une pièce contemporaine ?
Le résultat est une peinture à une dominante de jaune de Naples. La majeur partie du tableau est de ton orangé et chaud. Nous sommes en Italie du Sud en fin de journée, le soleil est sur le point de se coucher, la lumière rougeâtre est partout. Cette couleur est puissante, créant une tension visuelle excessive lorsque je regarde l’ensemble de ce travail.
Le bleu de la table et de la nappe blanche contraste avec l’intensité de la terrasse. La grenouille en vert possède des reflets pour donner du volume.
La répétition de formes contribue à cette idée de surabondance et d’excès. Le rythme devient gestuel expressive à l’instar d’une écriture automatique : les répétitions de formes (carrelages, composants de la chaise, arabesques sur la théière) sont comme une pulsation en donnant un rythme fort.
La scène d’un souvenir comme atmosphère
Ce souvenir est une projection mentale. Il est le résultat de ma recherche plastique.
Je veux restituer l’atmosphère paisible de mon souvenir à travers l’utilisation excessive du jaune de Naples et des formes arrondies pour apaiser et ainsi offrir un espace de sécurité.
Je cherche à créer un pont, une harmonie entre l’œuvre et celui qui la regarde.
Ce lien révèle notre besoin commun de trouver de la sérénité dans les scènes anodines de notre quotidien.





