À propos

À 40 ans, la société attend de vous que vous soyez à votre apogée (carrière, stabilité, expertise). Se retrouver sans emploi, c’est voir son identité s’effriter.

Comment transformer le « vide » en un espace de création ?

L’art devient le seul endroit où il reste « productif » et ainsi construire son avenir. Se pose la question de légitimité au vu de la société : qui suis-je si je ne produis plus de richesse ?

Pour répondre à cette question, son travail est une quête d’affirmation : une tentative de transformer sa faiblesse par la force expressive.

« Reculer pour mieux avancer »

Graphiste, formé aux Beaux-Arts de Nancy, Mickaël Popowycz débute chaque projet par la rigueur qu’il connaît : des formes géométriques propres, une composition graphique structurée. Puis, les accidents dévoilent un processus. Son art s’épanouit, s’éparpille, dans la succession de couche picturale qui sont des tentatives d’équilibristes.

Matisse, le point de référence

Matisse voulait offrir un repos à l’homme moderne, fatigué par le stress et le travail. Son art ne cherche pas à dénoncer ou à analyser la souffrance, mais à la guérir par la beauté. Il voulait que la couleur soit libre. Il ne l’utilisait pas pour décrire un objet (peindre un ciel bleu parce qu’il est bleu), mais pour créer une harmonie. Chez lui, la couleur est synonyme de lumière et de vitalité. C’est une peinture « solaire », qui célèbre la vie, la danse, et la nature. Il a progressivement épuré ses formes pour ne garder que l’essentiel : la ligne.

À partir de ce constat, Mickaël Popowycz cherche à s’éloigner du travail de Matisse pour replacer l’humain dans notre société actuelle. Peut être de manière inconfortable pour ne pas que l’humain disparaisse derrière le décor.

Trois moyens d’expressions

1. La saturation

S’éloignant des compositions « lisibles » de Matisse, il cherche la rupture. Là où Matisse cherchait l’économie de moyens, Mickaël Popowycz cherche la saturation. Il accumule les couches, les détails anatomiques complexes et les ombres portées. Là où Matisse retire de l’information pour aller à l’essentiel, Popowycz en ajoute pour créer une densité presque étouffante.

2. L’inquiétude

Matisse voulait que son art soit comme « un bon fauteuil » pour le spectateur, un lieu de repos intellectuel et visuel (le fameux concept d’équilibre et de sérénité).

Mickaël Popowycz Introduit une étrangeté. Ses corps sont distordus, ses perspectives sont parfois forcées. La rupture se fait ici entre une peinture qui « décore » l’esprit et une peinture qui le « travaille », qui le bouscule par une forme de monstruosité élégante.

3. La chair comme matière

Popowycz opère une rupture en revenant à la matière organique. Il s’intéresse à la « vérité » de la peau, aux accidents du corps (volumes, plis, ombres). Il passe de la forme (Matisse) à la substance (la chair). Tandis que pour Matisse, le corps est souvent traité comme une découpe, une silhouette plate qui dialogue avec le fond.

De même, il décrit le corps féminin à travers une musculature, justifiée, de sauveuse aux poses souveraines.

En s’éloignant de la mimesis, on accède à une vérité psychologique et émotionnelle plus brutale.

Le mouvement avant tout

Fidèle à la pensée de Jean Tinguely, pour qui « l’unique chose stable c’est le mouvement, partout et toujours », Mickaël Popowycz utilise ses outils — le linoleum, le pigment, l’huile — non pour figer une image, mais pour libérer une gestuelle instinctive et exagérée.

Les expositions

EXPOSITION:
« der innere Garten », 23 – 31 Août 2024, OpenArt Galerie, Bâle, Suisse.

EXPOSITION COLLECTIVE:
« Gruppen Ausstellung », 24 – 26 Octobre 2025, OpenArt Galerie, Bâle, Suisse.

Membre de :

Plan d’Est – Pôle arts visuels Grand Est

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